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MES SOUVENIRS

le Roi de Lahore au lendemain de ses premières représentations.

Le premier théâtre d’Italie où m’échut cet honneur fut le Regio, à Turin.

Revoir l’Italie, connaître ses théâtres autrement que par leurs façades, pénétrer dans leurs coulisses, quel bonheur inespéré ! J’en éprouvais un enchantement indicible dans lequel je vécus pendant les premiers mois de 1878.

Nous partîmes donc Hartmann et moi pour l’Italie, le 1er février 1878.

Avec la Scala de Milan, le San Carlo de Naples, l’Opéra communal de Bologne, l’ancien Apollo de Rome, démoli depuis et remplacé dans la faveur du public par le Costanzi, avec la Pergola de Florence, le Carlo Felice de Gênes et le Fenice de Venise, le beau théâtre de Regio, qui s’élève en face du palais Madame, sur la piazza Castella, est l’un des plus renommés de l’Italie. Il rivalisait alors, comme encore de nos jours, avec les théâtres les plus réputés de cette terre classique des arts qui leur fut toujours si hospitalière et si accueillante.

Il existait au Regio des mœurs tout à fait différentes de celles que l’on pratique à Paris, mœurs avec lesquelles j’ai retrouvé plus tard, en Allemagne, des traits de ressemblance très grands. Avec une déférence complète, il y règne une exactitude ponctuelle, et cela non seulement chez les artistes, mais dans ce que nous appelons le petit personnel. L’orchestre était soumis aux moindres intentions du direttore d’orchestre.

Celui du Regio était alors dirigé par le maître Pedrotti, devenu par la suite directeur du Conservatoire