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MES SOUVENIRS

cien et le critique si écouté, le compositeur grandement applaudi d’un Tasse représenté à Monte-Carlo, me proposa d’en diriger l’exécution dans l’Église Saint-Eustache, avec un orchestre et un personnel choral immenses.

La seconde partie était consacrée à la prise de Jéricho. Une marche, coupée sept fois par l’éclatante sonnerie de sept grands tubae, se terminait par l’écroulement des murs de cette cité fameuse, boulevard de la Judée, que devaient prendre et détruire les Hébreux. Il y joignait le formidable tonnerre des grandes orgues de Saint-Eustache, dominé par les retentissantes clameurs de tout l’ensemble vocal.

J’assistai, avec ma femme, à la dernière répétition, dans une grande tribune, où le vénérable curé de Saint-Eustache nous avait fait l’honneur de nous inviter.

Ce fut le 15 mars 1900 !

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J’en reviens à Cendrillon. Albert Carré avait monté cet opéra en créant une mise en scène aussi nouvelle que merveilleuse !

Julia Guiraudon fut exquise dans le rôle de Cendrillon, Mme Deschamps-Jehin étonnante comme chanteuse et comme comédienne, la jolie Mlle Emelen fut notre Prince Charmant et le grand Fugère se montra artiste inénarrable dans le rôle de Pandolphe. Ce fut lui qui m’envoya le bulletin de victoire reçu le lendemain matin, à Enghien-les-Bains, que j’avais choisi avec ma femme comme villégiature voisine de Paris, pour échapper à la « générale » et à la « première ».