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MES SOUVENIRS
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Elle apportait à notre pièce un élément de haute beauté dans le rôle de la femme et un attrait de puissante poésie à notre Don Quichotte mourant d’amour, du véritable amour cette fois, pour une Belle Dulcinée qui justifiait à un si haut point cette passion.

Ce fut donc avec un délice infini que j’attendis le jour de la représentation. Celle-ci eut lieu à l’Opéra de Monte-Carlo, en février 1910. Ô la belle, la magnifique première !

Combien grand fut l’enthousiasme avec lequel on accueillit nos merveilleux artistes : Chaliapine, Don Quichotte idéal ; Lucy Arbell, étincelante, extraordinaire dans la Belle Dulcinée, et Gresse, Sancho du plus parfait comique !

En repensant à cet ouvrage, que l’on donna cinq fois dans la même saison, à Monte-Carlo, fait unique dans les annales de ce théâtre, je sens tout mon être vibrer de bonheur à l’idée de revoir ce pays de rêve, le palais de Monaco et Son Altesse Sérénissime à l’occasion prochaine de Roma.

J’ai déjà réservé sur cet ouvrage beaucoup de notes pour Mes Souvenirs en 1912.

Des joies nouvelles se réalisèrent lors des répétitions de Don Quichotte au Théâtre-Lyrique de la Gaîté, où je savais recevoir l’accueil le plus franc, le plus ouvert, le plus affectueux des directeurs, les frères Isola.

La distribution de Monte-Carlo, se modifia en ce sens que nous eûmes à Paris pour Don Quichotte le superbe artiste Vanni Marcoux, et, pour Sancho, le maître comédien Lucien Fugère. Lucy Arbell devait à son triomphe de Monte-Carlo d’être engagée pour