Page:Massicotte - Dollard des Ormeaux et ses compagnons, 1920.djvu/12

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Mais la dette du peuple canadien envers les héros de Carillon n’était pas entièrement payée par ce culte intérieur d’admiration et de reconnaissance qu’il leur conservait. À ces cœurs hardis d’un triple airain qui avaient couru si magnanimement pour notre salut au devant de la plus atroce mort, il fallait l’hommage du bronze. M. Paillon l’avait bien compris lorsque, en 1865, dans sa monumentale Histoire de la Colonie française, il formulait “le vœu de voir élever un four, dans la cité de Ville-Marie, un monument splendide qui rappelât d’âge en âge, avec les noms des dix-sept braves, l’héroïque action du Long-Sault”. Après plus d’un demi-siècle, le vœu du vénérable abbé est sur le point d’être réalisé. Dans quelques jours, dans quelques semaines tout au plus, nous verrons se dresser sur la plus vaste de nos places publiques, aux acclamations de toute une race reconnaissante, le monument commémoratif de Dollard et de ses compagnons. Ce monument, on le sait, sera digne, autant qu’il peut, l’être, des incomparables héros qu’il doit honorer.

L’artiste qui l’a taillé, y a mis toute son âme de canadien français ; son patriotisme a grandi encore son talent et lui a permis de produire une des plus vibrantes œuvres d’art dont puisse s’honorer encore notre jeune pays.

Si le temps et l’espace ne nous manquaient, l’occasion serait propice ici de faire l’histoire de ce beau mouvement de l’œuvre du monument Dollard, mouvement commencé il y a 10 ans et qui approche maintenant de son point culminant.

Chose digne de remarque, c’est un de nos concitoyens de tangue anglaise, M. J. C. Wakh, alors rédacteur du Herald, qui, le premier, en 1910, à l’approche du 250e anniversaire de la mort de Dollard, suggéra de célébrer avec l’éclat qui convenait ce glorieux événement. Héritier lui-même d’une race qui s’y connaît on sacrifice et en dévouement, il avait tout ce qu’il faut pour comprendre et pour admirer l’acte sublime des héros du Long-Sault. Nous lui devons cette justice de consigner ici sa généreuse initiative.

Nous n’avons pas besoin de dire que cette voix eût vite fait de trouver un écho dans les cœurs canadiens-français. Des le début, le mouvement atteignait toute son intensité. Un comité de citoyens se formait aussitôt et, se mettant à l’œuvre sans larder, trouvait le moyen, grâce à son patriotisme agissant, d’organiser en peu de temps une démonstration qui, sans avoir le caractère grandiose de celle que l’on prépare, n’en marqua pas moins dignement le 250e anniversaire à célébrer. Les membres de ce comité, qui, ayant été à la peine, méritent d’être aussi à l’honneur, étaient MM. J. B, Lagacé, l’abbé J. Mélançon, Philippe Hébert, J. C. Walsh, l’abbé Ph. Perrier, l’abbé A. Deschamps, Ihnri Hébert, Adrien Hébert, Séraphin Boucher, M. D., V. E. Beaupré, Joseph Dumais, M. Lacerte, Dr