Page:Massicotte - Dollard des Ormeaux et ses compagnons, 1920.djvu/13

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J. E. Dubé, L. I. Rind, Élie Asselin, M. D., G.-A. Marsan, J. Bourgouin, M. D., Montarrille Boucher de la Bruire et Émile Vaillancourt.

C’est le 29 mai 1910 qu’eut lieu la première démonstration Dollard, sur la Place d’Armes, au cœur de la cité. Le spectacle, fut à la fois simple et beau.

Nous ne pouvons résister au plaisir d’en rappeler un des épisodes les plus émouvants d’après le récit qu’en fait M. René Bazin, un grand ami du Canada, sur la foi d’un témoin oculaire :

“Ce jour-là, la place d’armes était décorée de drapeaux…

Le 65e bataillon, en grande tenue, formait la haie au pied de la statue. Au fond de la vaste place, on vit s’ouvrir le portail de l’église Notre-Dame et toute une foule nouvelle se joindre il celle qui attendait. L’Archevêque prit place dans une tribune. Tout le monde était debout. Alors, le capitaine Banc, du 65e, s’avança jusqu’au piédestal du monument où est représentée, en bas-relief, la belle mort : des dix-sept enfanta de Ville-Marie. D’une voix forte, il appela :

— Adam Dollard des Ormeaux ?

Et il y eut un grand silence sur la place. Après une minute, une voix sortie des rangs des soldats, répondit :

— Mort au champ d’honneur !

Les clairons sonnèrent et les tambours battirent. Les hommes présentèrent les armes. Le capitaine reprit l’appel :

— Jacques Brassier ? Jean Tavernier ? Nicolas Tillemont ? Laurent Hébert ? Alonie de l’Estres ? Nicolas Jousselin ?

Quand il eut, nommé les seize compagnons, la voix qui répondait dit :

— Tous morts au champ d’honneur !

Les mots s’en allèrent, il travers la grande place, comme le vent et la pluie que chacun reçoit. Les clairons sonnèrent de nouveau. Il y eut des milliers de cœurs qui frémirent d’émotion ; il y on eut beaucoup qui prièrent ; il y eut des hommes qui pleurèrent parce que la vraie-gloire est une amitié de nos âmes.”

Mais l’œuvre du comité consistait principalement à préparer l’apothéose définitive, celle du 260e anniversaire. Il s’y est employé consciencieusement et avec le succès le plus complet. Au début de l’année 1914 il avait déjà recueilli, avec l’aide de dévoués zélateurs et en particulier de la toujours agissante Association de la Jeunesse catholique, les vingt mille dollars requis pour l’érection du monument projeté.

Ces souscriptions étaient faites en grande partie de l’obole du pauvre et les enfants des écoles y prirent largement leur part. On a même pu, avec le surplus obtenu, ériger un premier monument commémoratif sur le site même du combat, à Carillon, le 25 mai 1919.