Page:Maupassant, Des vers, 1908.djvu/115

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Perdus sous la hauteur des chênes et des ormes
Qui versaient autour d’eux un soir perpétuel.

Et comme un livre ancien dont on tourne la page :
« C’est ici », disait l’un. L’autre disait : « C’est là :
La place où je baisai vos doigts ? – Oui, la voilà.
— Vos lèvres ? – Oui ! c’est elle ! » Et leur pèlerinage,
De baisers en baisers sur la bouche ou les doigts,
Continuait ainsi qu’un chemin de la croix.
Ils débordaient tous deux d’allégresses passées,
Élans que prend le cœur vers les bonheurs finis,
En songeant que jadis, les tailles enlacées,
Les yeux parlant au fond des yeux, les doigts unis,
Muets, le sein troublé de fièvres inconnues,
Ils avaient parcouru ces mêmes avenues !