Page:Maupassant, Des vers, 1908.djvu/131

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Il cache la bougie et tient compte du sucre,
Volontiers se mettrait à ravauder ses bas
Et, bien qu’il ait très fort au cœur l’amour du lucre,
Il vous aime peut-être aussi. Dans tous les cas

Il ne vous comprend point plus qu’un âne un poème.
Il vit à vos côtés, et non pas avec vous,
Et si je lui disais soudain que je vous aime,
Peut-être serait-il plus flatté que jaloux.

Soufflez, gonflez de vent ce gendarme en baudruche,
Grotesque épouvantail que sur l’amour on juche,
Comme on met dans un arbre un mannequin de bois
Dont les oiseaux n’ont peur que la première fois.

Je vous aurai bientôt entre mes bras saisie ;
Nous allons l’un vers l’autre irrésistiblement.
Qu’il reste entre nous deux, ce bonhomme vessie,
Nous le ferons crever dans un embrassement.