Page:Maupassant, Des vers, 1908.djvu/158

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I

Un jour de grand soleil, sur une grève immense,
Un pêcheur qui suivait, la hotte sur le dos,
Cette ligne d’écume où l’Océan commence,
Entendit à ses pieds quelques frêles sanglots.
Une petite enfant gisait, abandonnée,
Toute nue, et jetée en proie au flot amer,
Au flot qui monte et noie ; à moins qu’elle fût née
De l’éternel baiser du sable et de la mer.

Il essuya son corps et la mit dans sa hotte,
Couchée en ses filets l’emporta triomphant,
Et, comme au bercement d’une barque qui flotte,
Le roulis de son dos fit s’endormir l’enfant.
Bientôt il ne fut plus qu’un point insaisissable,
Et le vaste horizon se referma sur lui,
Tandis que se déroule au bord de l’eau qui luit
Le chapelet sans fin de ses pas sur le sable.

Tout le pays aima l’enfant trouvée ainsi ;
Et personne n’avait de plus grave souci