Page:Maupassant, Des vers, 1908.djvu/181

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Et, jusqu’aux bords lointains de la pâle campagne,
Rampe, comme un serpent, l’immense défilé.
Et puis tout redevint muet et dépeuplé !

Mais le pâtre, enfermé dans sa hutte isolée,
Sent une solitude horrible autour de lui,
Comme si l’univers tout entier l’avait fuit.
Il sort et n’aperçoit que la plaine gelée !…
La peur l’étreint. N’osant rester seul plus longtemps,
Il siffle ses grands chiens, ses deux bons chiens de garde.
Comme ils n’accourent point, il s’étonne, il regarde ;
Mais il ne les voit pas gambader par les champs…
Il crie alors. La neige étouffe sa voix forte…
Il se met à hurler à la façon des fous !

Ses chiens, comme entraînés dans le départ de tous,
Abandonnant leur maître, avaient suivi la morte.