Page:Maupassant - Œuvres posthumes, I, OC, Conard, 1910.djvu/262

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ŒUVRES POSTHUMES.

peuple et j’en fais un tout comparable à la morale du saint roi Salomon.

27 juillet. — Bonne nouvelle. J’ai maigri de six cent vingt grammes. Excellente, cette eau de Châtel-Guyon ! J’emmène les veuves dîner à Riom. Triste ville dont l’anagramme constitue un fâcheux voisinage pour des sources guérisseuses : Riom, Mori.

28 juillet. — Patatras. Mes deux veuves ont reçu la visite de deux messieurs qui viennent les chercher. — Deux veufs sans doute. — Elles partent ce soir. Elles m’ont écrit sur un petit papier.

29 juillet. — Seul ! Longue excursion à pied à l’ancien cratère de la Nachère. Vue superbe.

30 juillet. — Rien. — Je fais le traitement.

31 juillet. — Dito. Dito. Dito.

Ce joli pays est plein de ruisseaux infects. Je signale à la municipalité si négligente l’abominable cloaque qui empoisonne la route en face du grand hôtel. On y jette tous les débris de cuisine de cet établissement. C’est là un bon foyer de choléra.

1er août. — Rien. Le traitement.

2 août. — Admirable promenade à Châteauneuf, station de rhumatisants où tout le monde boite. Rien de plus drôle que cette population de béquillards !

3 août. — Rien. Le traitement.

4 août. — Dito. Dito.

5 août. — Dito. Dito.

6 août. — Désespoir !… Je viens de me peser. J’ai engraissé de trois cent dix grammes. Mais alors ?…

7 août. — Soixante-six kilomètres en voiture dans la montagne. Je ne dirai pas le nom du pays par respect pour ses femmes.

On m’avait indiqué cette excursion comme belle et rarement faite. Après quatre heures de chemin, j’ar-