Page:Maupassant - Œuvres posthumes, I, OC, Conard, 1910.djvu/305

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APRÈS.


Mes chéris, dit la comtesse, il faut aller vous coucher.

Les trois enfants, filles et garçon, se levèrent, et ils allèrent embrasser leur grand’mère.

Puis, ils vinrent dire bonsoir à M. le curé, qui avait dîné au château, comme il faisait tous les jeudis.

L’abbé Mauduit en assit deux sur ses genoux, passant ses longs bras vêtus de noir derrière le cou des enfants, et, rapprochant leurs têtes, d’un mouvement paternel, il les baisa sur le front d’un long baiser tendre.

Puis, il les remit à terre, et les petits êtres s’en allèrent, le garçon devant, les filles derrière.

— Vous aimez les enfants, monsieur le curé, dit la comtesse.

— Beaucoup, madame.

La vieille femme leva sur le prêtre ses yeux clairs.

— Et… votre solitude ne vous a jamais trop pesé ?

— Si, quelquefois.

Il se tut, hésita, puis reprit : « Mais je n’étais pas né pour la vie ordinaire. »

— Qu’est-ce que vous en savez ?