Page:Maupassant - Discours académique, paru dans Gil Blas, 18 juillet 1882.djvu/3

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Protestons, messieurs, contre ces concours immoraux. Mais il me paraît bon aujourd’hui de pousser plus loin le courage, et non content de dénoncer ces compétitions de vertu salariée, je veux défendre à la face de la France, à la face surtout des béotiens qui nous gouvernent, de cette assemblée de provinciaux illettrés, élus et parvenus par l’aveugle volonté du nombre, tous les écrivains français, menacés des fureurs de la loi, et dénoncés pêle-mêle à nos magistrats, ces inquisiteurs laïques, sous l’infamante appellation de pornographes.

On nous affirme, je le sais, que les vrais écrivains ne sont point menacés, et que ceux-là seuls ont à craindre qui impriment et vendent des polissonneries sans art.

L’art est donc l’accommodement, qui peut seul sauver les écrits dits immoraux de la griffe levée de la loi.