Page:Maupassant - Mont-Oriol, 1887.djvu/11

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pas mal. Je souffre toujours des reins ; mais enfin je vais mieux, beaucoup mieux ; et je n’en suis encore qu’à mon dixième bain. L’année dernière, je n’ai obtenu d’effet qu’au seizième ; vous vous en souvenez ?

— Oui, parfaitement.

— Mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. Ma fille est arrivée ce matin, et je désire vous entretenir à son sujet tout d’abord, parce que mon gendre, M. Andermatt, William Andermatt, le banquier…

— Oui, je sais.

— Mon gendre a une lettre de recommandation pour le docteur Latonne. Moi, je n’ai confiance qu’en vous, et je vous prie de vouloir bien monter jusqu’à l’hôtel, avant… vous comprenez… J’ai mieux aimé vous dire les choses franchement… Etes-vous libre, à présent ?

Le docteur Bonnefille s’était couvert, très ému, très inquiet. Il répondit aussitôt :

— Oui, je suis libre, tout de suite. Voulez-vous que je vous accompagne ?

— Mais certainement.

Et tournant le dos à l’établissement, ils montèrent à pas rapides une allée arrondie qui conduisait à la porte du Splendid Hotel construit sur la pente de la montagne pour offrir de la vue aux voyageurs.

Au premier étage, ils pénétrèrent dans le salon attenant aux chambres des familles de Ravenel et