Page:Maupassant - Mont-Oriol, 1887.djvu/41

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lettes de dix-huit ou dix-neuf ans, des espèces de dames du pays, habillées drôlement, avec des robes de soie noire à manches collantes, des espèces de robes d’uniforme, des robes de couvent, deux brunes…

Le docteur Honorat l’interrompit :

— Cela suffit. Ce sont les filles du père Oriol, deux belles gamines en effet, élevées chez les Dames noires de Clermont… et qui feront de beaux mariages… Ce sont deux types, mais là deux types de notre race, de la bonne race auvergnate ; car je suis Auvergnat, monsieur le Marquis ; et je vous montrerai ces deux enfants-là…

Gontran lui coupa la parole et, sournois :

— Vous êtes le médecin de la famille Oriol, Docteur ?

L’autre comprit la malice, et répondit un simple « Parbleu ! » plein de gaîté.

Le jeune homme reprit :

— Comment êtes-vous parvenu à gagner la confiance de ce riche client ?

— En lui ordonnant de boire beaucoup de bon vin.

Et il raconta des détails sur les Oriol. Il était un peu leur parent d’ailleurs, et les connaissait de longtemps. Le vieux, le père, un original, était très fier de son vin ; et il avait surtout une vigne dont le produit devait être absorbé par la famille, rien que par la famille et les invités. Dans certaines années, on arrivait à vider les fûts que donnait ce