Page:Maupassant - Mont-Oriol, 1887.djvu/79

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les petits cailloux qu’elle baignait en s’écoulant semblaient couverts d’une sorte de moisissure pourpre.

Le docteur Latonne répondit :

— Oui, mais ça ne dit rien, ce sont ses autres qualités qu’il faut connaître.

Le paysan reprit :

— D’abord, Coloche et moi, nous en avons bu chacun un verre hier au choir, et cha nous a déjà tenu le corps fraîche. Pas vrai, fils ?

Le grand gars répondit avec conviction :

— Pour chûr que cha nous a tenu le corps fraîche.

Andermatt demeurait immobile, les pieds sur le bord du trou. Il se tourna vers le médecin.

— Il nous faudrait à peu près six fois ce volume d’eau pour ce que je voudrais faire, n’est-ce pas ?

— Oui, à peu près.

— Pensez-vous qu’on les trouverait ?

— Oh ! moi, je n’en sais rien.

— Voilà ! L’achat des terrains ne pourrait s’effectuer d’une façon définitive qu’après les sondages. Il faudrait d’abord une promesse de vente notariée, une fois l’analyse connue, mais ne devant avoir son effet que si les sondages consécutifs donnent les résultats espérés.

Le père Oriol devint inquiet. Il ne comprenait pas. Andermatt alors lui expliqua l’insuffisance d’une seule source et lui démontra qu’il ne pourrait acheter réellement que s’il en trouvait d’autres. Mais il ne