Page:Maupassant - Mont-Oriol, 1887.djvu/80

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les pourrait chercher, ces autres sources, qu’après la signature d’une promesse de vente.

Les deux paysans parurent aussitôt convaincus que leurs champs contenaient autant de sources que de pieds de vignes. Il suffisait de creuser, on verrait, on verrait.

Andermatt dit simplement :

— Oui, on verra.

Mais le père Oriol trempa sa main dans l’eau et déclara :

— Fouchtra, elle est chaude à cuire un oeuf, bien plus chaude que chelle à Bonnefille.

Latonne à son tour y mouilla son doigt et reconnut que c’était possible.

Le paysan continua :

— Et puis elle a plus de goût et du meilleur goût ; elle ne chent pas faux, comme l’autre. Oh ! chelle-là, moi, j’en réponds, qu’elle est bonne ! J’ les connais, les eaux du pays, depuis chinquante ans que j’ les r’garde couler. J’en ai jamais vu d’ plus belle, jamais, jamais !

Il se tut quelques secondes et reprit :

— Ché n’est pas pour faire l’article que j’ dis cha ! pour chûr non. J’ voudrais faire l’épreuve d’vant vous, la vraie épreuve, pas votre épreuve de pharmachien, mais l’épreuve sur un malade. Je parie qu’elle guérirait un paralytique, chelle-là, tant qu’elle est chaude et bonne de goût, je l’ parie !

Il parut chercher dans sa tête, puis regarder au sommet des monts voisins stil ne découvrirait pas le