Page:Maupassant - Styliana, paru dans Le Gaulois, 29 novembre 1881.djvu/6

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le public, qui indigne le plus souvent les critiques, et qui révolte l’Académie. » Il ajoutait : « Le style, c’est la vérité, la variété et l’abondance de l’image ; le choix infaillible de l’épithète unique et caractéristique ; la justesse absolue du mot pour signifier la chose ; la concordance rythmique de la phrase avec l’idée. »

Il disait encore : « La phrase doit être souple comme un clown, cabrioler en avant, en arrière, en l’air, de toutes les façons ; ne jamais faire deux culbutes pareilles, étonner sans cesse par la variété de ses poses et la multiplicité de ses allures. »

Il disait aussi : « L’idée est l’âme du mot ; le mot, le corps de l’idée ; la phrase forme l’harmonie de cette âme et de ce corps. »

Le lendemain même, j’ouvrais par hasard un volume de M. Thiers et je lisais ceci :

« La terre était si couverte de neige qu’on ne voyait nulle part le sol… le combat dura huit heures ; et, le soir, six mille ennemis mordaient la poussière. »

— Justesse de l’image !