Page:Maupassant Bel-ami.djvu/349

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Elle le regarda avec des yeux désolés : — Oh ! Georges, je ne peux même plus t’embrasser.

Il répondit : — Non, pas aujourd’hui. J’ai un peu de migraine, et cela me fait mal.

Alors elle se rassit, docile, entre ses jambes. Elle demanda :

— Veux-tu venir dîner demain à la maison ? Quel plaisir tu me ferais !

Il hésita, puis n’osa point refuser.

— Mais oui, certainement.

— Merci, mon chéri.

Elle frottait lentement sa joue sur la poitrine du jeune homme, d’un mouvement câlin et régulier, et un de ses longs cheveux noirs se prit dans le gilet.

Elle s’en aperçut, et une idée folle lui traversa l’esprit, une de ces idées superstitieuses qui sont souvent toute la raison des femmes. Elle se mit à enrouler tout doucement ce cheveu autour d’un bouton. Puis elle en attacha un autre au bouton suivant, un autre encore à celui du dessus. À chaque bouton elle en nouait un.

Il allait les arracher tout à l’heure, en se levant. Il