Page:Maupassant Bel-ami.djvu/395

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— Devine.

— Je ne ferai pas cet effort.

— Eh bien ! c’est après-demain le premier janvier.

— Oui.

— C’est le moment des étrennes.

— Oui.

— Voici les tiennes, que Laroche m’a remises tout à l’heure.

Elle lui présenta une petite boîte noire qui semblait un écrin à bijoux.

Il l’ouvrit avec indifférence et aperçut la croix de la Légion d’honneur.

Il devint un peu pâle, puis il sourit et déclara : — J’aurais préféré dix millions. Cela ne lui coûte pas cher.

Elle s’attendait à un transport de joie, et elle fut irritée de cette froideur.

— Tu es vraiment incroyable. Rien ne te satisfait maintenant.

Il répondit tranquillement : — Cet homme ne fait que payer sa dette. Et il me doit encore beaucoup.

Elle fut étonnée de son accent, et reprit : — C’est pourtant beau, à ton âge.

Il déclara : — Tout est relatif. Je pourrais avoir davantage, aujourd’hui.

Il avait pris l’écrin, il le posa tout ouvert sur la cheminée, considéra quelques instants l’étoile brillante