Page:Maurice Denis Théories (1890-1910)-1920.djvu/18

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DÉFINITION DU NÉO-TRADITIONNISME

de coloration, la lumière, la mobilité, l’air, une foule de choses qu’on ne rend pas. J’arrive ici aux thèmes connus, très vrais d’ailleurs, et d’une évidence !

VIII

Je reconnais enfin qu’il y a beaucoup de chances pour que le consentement universel, en ceci comme en d’autres insolubles questions, ait quelque valeur, — que la photographie renseigne sur le plus ou moins de réalité d’une forme, et qu’un moulage sur nature est aussi « nature que possible ».

Je dirai donc de ces sortes d’œuvres et de celles qui tendent à s’en rapprocher, qu’elles sont « nature ». — J’appellerai « nature » le trompe-l’œil de la foule, comme ces raisins du peintre antique, becquetés des oiseaux, et les panoramas de M. Détaillé, — où l’on doute, ô l’esthétique émotion, si tel caisson de premier plan est réel ou sur toile.

IX

« Soyez sincère : il suffit d’être sincère pour bien peindre. Soyez naïf. Faire bêtement ce qu’on voit. »

Les bons appareils infaillibles, de rigoureuse exactitude, qu’on a voulu fabriquer dans les académies !

X

Ceux qui ont fréquenté l’atelier Bouguereau, n’ont point reçu d’autre enseignement, comme ce jour où le maître prononça : « Le Dessin, c’est les emmanchements. »

En son pauvre cerveau s’était fixée comme une chose extraordinaire et désirable, la complexité anatomique des emmanchements ! Le dessin, c’est les emmanchements. Les braves gens qui trouvent que ça ressemble à Ingres ! Je ne m’étonnerais pas de cette arrière-pensée qu’il est en progrès sur Ingres. En naturalisme, certes oui ! il photographie.