Page:Maurice Goudard - La défense du libéralisme.pdf/61

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visitai tous les musées. Après un séjour d’une quinzaine au pied des Pyramides, à Mena-House, où je chassai la caille qui était en quantités prodigieuses, je me rembarquai pour la France. Pratiquement sans nouvelles depuis plusieurs mois, comment allais-je retrouver Solex ? En excellente forme. Sous la haute direction de Mennesson, l’usine s’était organisée remarquablement, les commandes de radiateurs affluaient et les carburateurs gravissaient allègrement le calvaire de leur ascension. Mon jeune frère, Félix, qui venait de sortir de l’École Centrale, arrivait à point pour me seconder. Ma santé était presque entièrement rétablie. L’automobile connaissait en 1912 un essor prodigieux. La technique française s’imposait dans tous les pays. Renault frères était en pleine ascension, servi par le génie de son chef, Louis, duquel on ne savait trop ce qu’il fallait le plus admirer, de ses dons techniques, de sa puissance de travail, de son énergie ou de ses talents d’organisateur. Panhard, la marque doyenne, représentait les solutions classiques, longuement éprouvées, qui inspiraient la confiance. Peugeot était déjà la grande marque populaire, et mettait au service de l’automobile un siècle d’expérience industrielle. Tous exportaient des voitures dans le monde entier. La France avait une avance considérable. Je sentais qu’il fallait aller de l’avant et, pour cela, nous décidâmes de frapper un grand coup. Notre nouvel outil de production était convenable, certes, mais il avait une capacité limitée. D’autre part, la rue Fouquet à Levallois était inaccessible. Malgré que nous ne