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chasses et voyages au congo

la Circoncision : quand les jeunes gens arrivent à l’âge nubile, ils sont exclus du village et relégués dans la forêt où ils restent chez le sorcier qui les opère, jusqu’au moment où guéris, ils peuvent rentrer dans leur famille. Cette cérémonie est accompagnée de fêtes et de danses et nous avons assisté au retour joyeux de la jeunesse qui à partir de ce moment est admise à remplir son métier d’homme et à courtiser les femmes…

Vers 5 heures nous atteignons les bords de l’Aruwimi, belle rivière presque aussi large que le Rhin, et dont un bac allant d’une rive à l’autre assure le trafic. Nous avons la chance d’arriver au moment où le bave de Banalia, sur la rive opposée, vient d’accoster, débarquant un autre camion, et sans perdre de temps nous pouvons embarquer le nôtre, sinon nous aurions dû attendre une heure et demie à le voir venir de son port d’attache. Comme tous les pontons du même genre, il est composé de six barques transversales et juxtaposées et il commence par remonter le courant, puis lorsqu’il est arrivé à la moitié du fleuve, il se laisse doucement redescendre, en virant de bord et aborde de face en arrivant de l’autre côté. La traversée dure vingt minutes, et tandis qu’un coucher de soleil merveilleux embrase l’horizon, j’admire l’eau limpide et bleue qui nous porte, car depuis des mois, et depuis les lacs du Kivu, nous n’avons plus eu l’occasion de nous régaler d’un tel azur.

Notre équipage se compose d’un côté de 4 hommes armés de perches, et de l’autre d’une trentaine de rameurs qui chantent et chose curieuse, nous retrouvons ici l’hé-lé-lé des rameurs de la baie de Burton mais moins monotone et plus bruyant. Ils ont formé deux équipes, et tandis que l’une travaille, l’autre se repose, et dans les moments de repos celle-ci danse et chante avec rythme pour marquer les coups de rame et s’encourager au travail. En voyant ces ébats, je pense à ce besoin de danser qui caractérise toute la jeune génération et qui est certainement venu du