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chasses et voyages au congo

tippoyes et sommes descendus à pied, non sans dommage car le souvenir m’en reste d’une petite blessure au talon qui m’ennuie par la crainte de la voir par la suite m’immobiliser. A midi et demi nous arrivons à Mutsoba-Kilina et n’allons pas plus loin ce jour-là : 30° à l’ombre nous promettent pour l’avenir une température agréable et après une sieste bien méritée nous faisons connaissance avec tous les rites du « pocho », cérémonie à laquelle à l’avenir tous les soirs nous allons avoir le plaisir d’assister. C’est celle qui consiste à ditribuer leur nourriture aux hommes de notre caravane. Dès qu’on arrive à’étape on présent le chef du village avoisinant, et celui-ci est tenu par les ordres qu’il a précédemment reçus de l’administrateur ou de celui qui le remplace dans la région, de fournir le ravitaillement nécessaire à toute expédition qui vient camper dans ses environs. On voit alors vers le soir s’amener toute une théorie de femmes et d’enfants portant des corbeilles dans lesquelles elles ont amassé les unes des bananes ou du maïs, les autres du manioc, d’autres encore, et ce sont les plus appréciées, ont apporté de la farine de ce même manioc qu’elles ont longuement pilé et qui sert à préparer la bouillie chère à tout cœur indigène ; quelquefois des pois chiches ou des lentilles varient l’ordinaire, mais c’est la grande exception, et l’on comprend que l’appât du gibier qu’on leur a promis et dont d’ici peu ils vont être gorgés, ait incité à nous suivre bon nombre de ceux qui malgré la fatigue de l’expédition qu’ils ont entreprise, préfèrent à leur repos et à leur maigre chère de chaque jour, un cuissot d’éléphant agrémenté de quelques aventures.

Quand tout le monde réquisitionné est arrivé, on commence par faire le dénombrement des provisions et par les payer ; chaque femme a mis par terre devant elle ce qu’elle a apporté, et souvent elle reste ainsi accroupie pendant des heures, couvant sa marchandise, attendant avec un flegme et une patience toute orientales le moment où on lui donnera les quatre sous qui lui reviennent et qui