Page:Maurice Pescatore - Chasses et voyages au Congo, 1932.djvu/99

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
85
chasses et voyages au congo

s’est imprudemment montrée dans la côte au-dessus de notre campement et les hommes désireux d’avoir de la viande veulent me la faire tirer ; bien que ceci doive retarder notre départ, je me rends à leur prière et à la grande joie des assistants je tue presque au sortir de ma tente et à belle distance un bongo mâle d’assez grande dimension. Ensuite laissant derrière nous deux hommes pour dépiauter la bête et en apporter la dépouille, nous nous mettons en route ; nous avons retrouvé « l’open forest », le terrain est plat et nous cheminons dans un sentier bordé de buissons épineux mais pas très épais, quand tout à coup, traversant la route devant nous, nous voyons passer un troupeau de cinq ou six grandes antilopes ; impossible d’en déterminer la nature ; mais bientôt Bird et moi de nous jeter à leur poursuite à travers le fourré, et tandis que mon compagnon plus heureux que moi tue un beau mâle de bubale de l’espèce Lichtenstein, j’en blesse moi-même à mort deux que je vois couchés devant moi mais qui s’étant ensuite relevés à mon approche, m’ont laissé les poursuivre au sang pendant deux heures sans succès.


De guerre lasse et craignant de trop m’attarder, car j’ai laissé en partant la caravane m’attendre sur le chemin, je reviens en arrière et ai la chance de tuer un sanglier mâle au retour, de sorte que je ne reviens pas entièrement bredouille. De nouveau la pluie s’est mise à tomber, et comme il est presque midi nous décidons d’aller camper à Kasanga qui se trouve non loin de là ; cette région me semble d’ailleurs fourmiller d’antilopes variées, car étant ressorti le soir, je tue une belle roan (antilope cheval), je banque encore un troupeau de Lichtenstein, et je vois deux buffles sans pouvoir les approcher, la nuit étant survenue entre temps.

Malgré l’intérêt que nous pourrions trouver à prolonger notre séjour dans un endroit si giboyeux, nous décidons d’aller plus loin, pressés d’arriver au plus vite au vrai