Page:Mechnikoff - La civilisation et les grands fleuves historiques.djvu/193

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


taux en favorise l’envahissement par des conquérants venus de l’ouest ou du nord-ouest. « Prenez n’importe à quelle époque, dit un savant anglais, l’histoire générale des peuples occidentaux, vous verrez que la question capitale y est toujours celle de la possession de l’Inde[1]. » Par contre, jamais, si ce n’est aux jours les plus ardents du prosélytisme bouddhique, nous ne voyons l’Inde prendre l’initiative d’une extension vers l’Occident.

À l’ouest de l’Hindou-kouch, et dans la partie la plus élevée du massif, la rivière du Koundouz descend du Koh-i-baba (père des monts), élevé de près de 5000 mètres, pour se jeter dans l’Amou-daria (Oxus) non loin de Balkh, l’ancienne Bactres ; elle s’est creuse un défilé tortueux et long, célèbre dans l’histoire sous le nom de Bamian. Au sud du Caucase indien, la vallée de la rivière de Kaboul, le Keph ou Kophès, vient presque rejoindre la première de ces brèches naturelles et offre plusieurs passages plus ou moins difficiles vers l’Indus. Le plus fameux, le Khaïber, évitant les gorges de la rivière de Kaboul, serpente au sud, puis à l’ouest du mont Tartara (2072 mètres)… les missionnaires bouddhistes connurent ce chemin, que prirent ensuite Mahmoud le Ghaznévide, Baber (le Grand Mongol), Akbar, Nadir, Ahmed-chah et les généraux anglais. Le col que choisit Alexandre et que paraissent avoir suivi les premiers conquérants de l’Inde est un de ceux qui

  1. Winwood Reade, The Martyrdom of Man.