Page:Meilhac, Halévy - Le Château à Toto.pdf/10

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CRÉCY-CRÉCY.

Cet homme a dit vrai : tous ceux dont les portraits sont là nous ont fait de terribles blessures… (Avec fierté.) et en ont reçu de nous de plus terribles encore ; mais qu’importe à la guerre, il n’y a que le dernier coup qui compte, et ce dernier coup c’est nous qui le donnerons. (Il remonte au fond.)[1] Là-bas, à l’horizon, le manoir de Crécy-Crécy est debout encore… et bientôt le château des La Roche-Trompette vendu à la criée !…


JEANNE.

Mon bon père !…


CRÉCY-CRÉCY.

Embrasse-le, ton bon père…


JEANNE.

Ah ! de tout mon cœur !…


CRÉCY-CRÉCY.

Et écoute-moi. Te rappelles-tu qu’un jour, tu étais une enfant alors, je te surpris en train de jouer avec le maître actuel de ce château, le jeune comte Hector de La Roche-Trompette… T’en souviens-tu, ma fille ?…


JEANNE.

Si je m’en souviens !…


CRÉCY-CRÉCY.

Oui…


JEANNE.
I
––––––Oui, je me souviens, mon bon-père,
––––––Et je me souviendrai toujours,
––––––Il avait la mine si fière
––––––Dans sa jaquette de velours.
––––––Bien qu’il eût ses douze ans à peine,
––––––L’adorable petit gamin,
––––––J’étais fière comme une reine
  1. Jeanne, Crécy-Crécy.