Page:Meilhac, Halévy - Le Château à Toto.pdf/38

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Scène VIII

RAOUL, TOTO, LA VICOMTESSE.


Raoul se débarrasse de son pardessus, etc. La vicomtesse s’assied sur le fauteuil à droite, tire de sa poche une petite glace à main, une petite pomme d’api et, se met de la poudre de riz. Toto en se promenant allume et fume une cigarette.


RAOUL.

Lâchons le moyen âge et revenons au dix-neuvième siècle… (A la vicomtesse.) Après vous la poudre de riz, s’il en reste.


LA VICOMTESSE, lui passant la pomme.

Voilà ! (A Toto.) Eh bien, Toto ?…


TOTO.

Eh bien, ma chère ?


LA VICOMTESSE.

Comment trouves-tu que j’ai joué mon rôle de vicomtesse ?


TOTO.

Très-bien, ma chère…


LA VICOMTESSE.

Avoue que personne n’aurait pu reconnaître en moi la célèbre, l’incomparable Blanche Taupier… et pourtant parmi les gens qui étaient là tout à l’heure… il y en a plus d’un qui autrefois m’a vue toute petite.


RAOUL.

Vous êtes d’ici, vous ?


LA VICOMTESSE.

A dix lieues d’ici… moi je suis née… c’est de ce pays que je suis partie… j’en suis partie pauvre et j’y reviens…


TOTO.

A ton aise.


LA VICOMTESSE.

Dame ! Tu sais…