Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/131

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BOBINET.

Cent sous pour quatre personnes, et vous vous plaignez ?


LE BARON.

Ce n’est pas de cela que je me plains.


BOBINET.

Pourquoi en parlez-vous alors ?


LE BRÉSILIEN.

Si le cabinet ne vous va pas… décidément, il ne vous va pas, le cabinet ? aimez-vous mieux un fiacre ? nous vous mettons tous les deux dans un fiacre avec deux petits couteaux. (Il tire de nouveau les couteaux), nous fermons les portières, et puis v’lan, v’lan, v’lan !


BOBINET.

Vous n’y pensez pas, mon ami.


LE BRÉSILIEN.

Pourquoi ?


BOBINET.

Pas un cocher ne permettra ça, à cause des coussins… Et puis, vous savez bien que ces messieurs préfèrent un petit procès-verbal.


LE BARON et GARDEFEU.

Oui, oui.


BOBINET.

Voyez, leur figure s’illumine dès qu’on parle de procès-verbal… Eh ! bien, baron, continuez à nous dire de quoi vous vous plaignez…


LE BARON.

Monsieur m’a fait croire que j’étais invité dans le grand monde, et m’a envoyé chez vous… vous savez bien ?


BOBINET.

Eh ! eh !… cela devient une affaire personnelle… dites tout de suite que vous vous y êtes ennuyé chez moi.


LE BARON.

Je ne peux pas dire ça… d’abord, parce que ça ne serait pas poli… et puis parce que ça ne serait pas vrai.


GARDEFEU.

Vous ne vous êtes pas ennuyé ?