Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/94

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GARDEFEU.

Oui, madame…


LA BARONNE.

Qu’est-ce que c’est que ça, un voltigeur ?


GARDEFEU.

C’est un militaire… ah ! madame ne sait pas, il y a des militaires de plusieurs sortes… le voltigeur est le plus petit, mais il n’est pas le moins dangereux… Donc, il est venu un voltigeur, et il a dit à votre femme de chambre : De quel endroit êtes-vous ? — Je suis de Stockholm, a-t-elle répondu… — Comme ça se trouve, a riposté le voltigeur, nous sommes pays. Et ils sont partis.


LA BARONNE.

Ils sont partis ?


GARDEFEU.

Oui, mais je pense qu’elle ne tardera pas à revenir… il me paraît impossible qu’elle ne revienne pas bientôt…


LA BARONNE.

Et mon mari n’est pas encore rentré ?


GARDEFEU, avec joie.

Pas encore, madame…


LA BARONNE.

Comme vous me dites cela !


GARDEFEU.

Je ne peux pas vous le dire autrement ; vous me dites : Mon mari n’est pas encore rentré… je vous réponds : Pas encore, madame…

On frappe.


LA BARONNE.

On a frappé…


GARDEFEU, à part.

Qu’est-ce que c’est que ça ? (Haut.) Vous croyez, madame ?


LA BARONNE.

Comment, je crois… (On frappe.) Vous n’entendez pas ?


GARDEFEU.

Ce n’est pas ici. Quand on frappe ici, on n’entend jamais.