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Scène II

PHILOCOME, CALCHAS.



CALCHAS.

Plus personne… pas de frais inutiles !… (Il éteint un trépied, Philocôme éteint l’autre.) Fais rentrer les offrandes, Philocôme.


PHILOCOME.

Oui, grand augure.

Sur l’ordre de Philocôme, deux esclaves emportent les offrandes dans le temple.

CALCHAS.

De piètres offrandes, en vérité… deux tourterelles, une amphore de laitage, trois petits fromages, des fruits très peu, et des fleurs beaucoup. Toutes ces guirlandes nous encombrent en pure perte… Il est passé, le temps des troupeaux de bœufs et de moutons… Voilà où en sont les sacrifices !… Les dieux s’en vont ! Les dieux s’en vont !


PHILOCOME.

Pas tous, seigneur ! Voyez Vénus…


CALCHAS.

Elle lutte, je ne dis pas le contraire, elle lutte… J’ai lu dans le Moniteur de Cythère le chiffre exact des offrandes du mois dernier… c’est énorme !


PPHILOCOME.

Il doit faire de bonnes affaires, le grand augure de Vénus !


CALCHAS.

Le fait est qu’il n’y en a plus que pour elle, depuis que, grâce au berger Pâris, elle a battu Junon et Pallas dans le concours du mont Ida… tandis que ce pauvre