Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, I.djvu/195

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bien, ma tante Hélène… mais elle aurait tort de faire la sévère, car elle a eu des aventures…


CALCHAS.

Seigneur !…


ORESTE.

Je sais bien qu’elle se rattrape en disant que c’est la fatalité !… mais, après tout, ces dames aussi, c’est la fatalité !


PARTHÉNIS.

Ça, c’est bien vrai. Ainsi, moi, ce désir insensé qui m’est venu de m’engager dans la troupe de Thespis et de monter sur son chariot, pour y jouer les grues… c’est la fatalité !


LÉÆNA.

Et moi, donc !… cette rencontre faite aux bains de mer de Nauplie, ce jeune philosophe, qui m’a enseigné la sagesse et qui m’a fait comprendre que le beau et le bon, c’était la même chose… fatalité aussi !


ORESTE.

Et moi !… pourquoi est-ce que je sens là qu’il y aura dans mon existence des événements prodigieusement dramatiques ?… ces furies que j’entrevois là-bas… là-bas… et, plus tard, ce tas de tragédies… dont je serai le héros… fatalité !


CALCHAS.

Eh bien, et moi donc !… moi qui ne demanderais pas mieux que de vous laisser entrer là dedans et de rire un brin avec vous, pourquoi est-ce que je suis obligé de vous répéter que, décidément ?… c’est la fatalité !


ORESTE.

Ne vous fâchez pas… nous nous inclinons devant elle et nous partons… En avant la musique ! Au revoir, Calchas !… bien des choses à ma tante !