Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, I.djvu/197

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.



CALCHAS.

Si vous croyez que je me dérange comme ça, pour le premier berger venu !…


PARIS, très digne.

J’ai besoin de vous.


CALCHAS, s’animant.

Pourquoi faire ?… Vous allez peut-être me demander de vous tirer les cartes ? Il y a dans les faubourgs de petits oracles pour les bergers… Je suis, moi, l’oracle des salons !


PARIS, le retenant.

Vous n’avez pas reçu une lettre de Vénus ?


CALCHAS.

Pas le moins du monde !


PARIS.

C’est singulier… la colombe est partie devant moi… Elle aura rencontré quelque ramier !… C’est terrible pour ça, les colombes !… ça ne rencontre pas plus tôt un ramier que… Eh bien, voilà !…


CALCHAS.

Vous savez que je n’y crois pas du tout, à votre lettre de Vénus et à votre colombe !


PARIS.

Vous n’y croyez pas ?… Eh bien, regardez !…

Il montre la droite. — Musique très douce à l’orchestre.

CALCHAS.

Quoi ?


PARIS.

Là-bas… dans l’azur… ce petit point noir qui grossit, grossit, grossit…


CALCHAS, regardant.

Eh bien, c’est un pierrot.