Page:Meiss - Considérations sur le Judaïsme, 1908.djvu/13

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calomnies les plus odieuses, depuis l’empoisonnement des fontaines, jusqu’au « meurtre rituel » ; on les brûle par charretées, par milliers, sous les prétextes les plus futiles ; on les dépouille de leurs biens ; on leur mesure avec parcimonie l’air respirable ; on les entasse dans des ruelles sombres, infectes ; on les marque d’un signe infâmant, afin qu’on les reconnaisse de loin et qu’on les chasse de toute société bien pensante !

Et, malgré toutes les précautions, malgré toutes les lois d’exception, ils vivent, ils existent !

Aveugle qui ne voit pas que c’est Dieu lui-même qui a veillé sur Israël, « cette pauvre brebis, comme dit le Midrasch, égarée parmi 70 loups, prêts à la dévorer ! »[1]


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  1. « L’Empereur Adrien dit, un jour, à Rabbi Jehoschoua : Elle est vraiment extraordinaire, cette brebis qui se maintient entre 70 loups, prêts à la dévorer !

    « — Mais non, répondit celui-ci. C’est le berger qui la garde et la sauve de tous les dangers qui est admirable ! C’est ainsi qu’il est dit dans la Sainte-Écriture : « Toute arme forgée contre toi se brisera dans la main de celui qui voudra s’en servir. » (Midrasch sur Esther)