Page:Meiss - Considérations sur le Judaïsme, 1908.djvu/17

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dignités : « Nous te donnerons un écuyer qui t’aimera beaucoup. » Elle refusa avec indignation et elle alla rejoindre son mari dans les flammes.

Vint ensuite Samson, gendre de la Kadmeneth, « le siège de la sagesse », un des notables de la communauté, qui s’était dévoué pour sauver les autres, et qui mourut en adressant à ses compagnons des paroles d’encouragement.

Salomon, le trésorier de la communauté, « jeune homme si plein de bonté », qui « molt était prisé », souffrit aussi héroïquement la mort, pour l’amour de son Dieu.

Ce fut ensuite le tour de Baruch Tob Elem ou Biendit Bonfils, d’Avirey, qui s’enhardit à outrager le bourreau » : « molt bele fut sa fin. »

Il fut suivi par Simon de Châtillon, le chantre, le scribe habile « qui si bien savait orer », et qui mourut en pleurant, non sur lui-même, mais sur sa famille.

Voici maintenant venir Joua « le beau Colon » qui lui-même attise son feu ; Isaac le prêtre qui, requis par les Frères Prêcheurs de se tourner à leur croyance, déclare que, prêtre de Dieu, il lui fait l’offrande de son corps ; Haïm, l’illustre chirurgien, « le maître de Brinon, qui rendait la vue aux aveugles », et à qui le bailli lui-même promet la vie sauve s’il veut abjurer.

Enfin vient Haïm ou Hagin de Chaource. Ce dernier, semble-t-il, dès le début de l’affaire, s’était enfui de Troyes à Chaource, dans une de ses propriétés, car on voit dans les « Comptes de Champagne » qu’il fut ramené par autorité de Chaource à Troyes. On aggrava son supplice et on le fit mourir à petit feu. Et lui, du milieu des flammes, « huchait Dieu et menu et souvent ».