Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/118

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3io MERCVRE DK FRANCE— 16-1-1909 amusants comptes-rendus de la Chambre. Plein de verve et d’h u­ mour, il a eu la bonne idée d’écrire, dans le style de ccs comptes- rendus pittoresques, l’histoire de l’Assemblée Nationale, dont il sui­ vit les sessions comme informateur parlementaire. Du Pacte de Bor­ deaux, qui établit le compromis (consistant, on le sait, à ne point dé­ courager les espérances de la majorité royaliste relativement à une restauration monarchique) sar lequel vécut, à ses débuts, le gouver­ nement de Thiers; en passant par les élections complémentaires de juillet 1871, déjà moins favorables aux royalistes et qui permirent à Thiers de gouverner avec plus d’indépendance en s’ appuyant sur l’union des Centres; par les luttes qui préparérentla chute de Thiers, le 24 mai 1873, et le gouvernement de la Droite ; jusqu’à l’échec de la Restauration sur la question du drapeau blanc; à la création du septennat de Mac-Mahon, au gouvernement de l’ « ordre moral » et au vote de la Constitution de 1876, — M . Bosq a rappelé toute cette histoire. Mais c ’est surtout l’informateur parlementaire qui intéresse; le journaliste ; le témoin qui, retrouvant ses articles et ses notes du temps, ranime ses «souvenirs », revoit les scènes, les gens, et les fait voir au lecteur. La verve de M. Bosq ignore les airs gourmés; elle en use sans façon avec la tragi-comédie politique, et la vérité d’impres­ sion ainsi obtenue est tout k fait savoureuse. La tactique des grou­ pes vous est expliquée familièrement par un vieil habitué des cou­ loirs. On aimera surtout les portraits, lis abondent. Nous croyons qu’il n’est pas d’autre ouvrage sur l’Assemblée Nationale de 1871 qui offre au même degré ce genre d’intérêt. Le récit de la lutte par­ lementaire en est tout vivifié. Nous avons pris un véritableamusement au livre de M. Paul Bosq. En fait d’Histoire, qui soit en mêmetemps du Journal, et réciproquement, il nous sembledifficile defaire mieux. Histoire de la République de 1876 à 1879, première partie, par M. de Marcère. — C’est une véritable histoire des origines de la troisième République qu’écrit M. de Marcère. Les deux pre­ miers volumes de cet ouvrage (1) contiennent, on s’en souvient* l ’his­ toire de l’Assemblée Nationale. Le volume actuel comprend les faits accomplis durant la première partie de la période qui va de 1876 à

  • 879, c’est-à -dire durant l’époque qui s’étend de la fin de l’Assemblée

Nationale à la dissolution de la Chambre des Députés après le 16 Mai, soit jusqu’au 25 juin 1877. Durant une bonne partie de ce laps detemps, où eut lieu le premier essai deRépublique constitutionnelle sous les ministères Dufaure et Jules Simon, M . de Marcère fit partie du gouvernement comme ministre de l’intérieur, et ccst dire l’im­ portance qui s’attache à son témoignage. 11 apporta au pouvoir les vues qu’il avait lorsqu’il siégeait au centre gauche de l’Assemblée (1) Voir Mercure de France du i5janvier ïyoû et du 16 novembre 1907.