Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/176

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


3GS MERCVRE DE FRANCE— 16-1-1909 ses inspirations, plus propice à sa vie idéale, à son œuvre, mais qui n’est pas à lui, qui est une jeune fille ou la femme d’un autre? L’exemple des deux ménages d’un compositeur et d’un artiste peintre que M. Aïsman nous donne, où le peintre devient, dan» les condi­ tions que je viens d’expliquer, amoureux de la femme du musicien, pourrait nous faire croire que M. Aïsman serait pour ce dédouble­ ment d’un nouveau genre (qui est cependant vieux comme le monde), mais n’a-t -il pas donné lui-même un démenti aux conclusions qu’on pourrait tirer de sa thèse, si thèse il y a, en nous présentant dans la femme du peintre une épouse ennuyeuse, désagréable, pour ne pas dire davantage. L’Argentyde M. Souchkévitch qui vient d’être représenté au Nou­ veau Théâtre, est une satire, très passionnée, très partiale contre les capitalistes juifs (M. Souchkévitch est lui-m êm e Israélite). Malgré les qualités littéraires de la pièce, elle provoqua à plusieurs reprises c!e& protestations et des sifflets nourris. M . Souchkévitch eut tort de noyer les qualités de sa nouvelle œuvredans desdéfauts peu littéraires. Les dernières pièces de théâtre deLéonide Andreïe£f,qui sont repré­ sentées dans les théâtres Kernissarjevsky et Nametti, les Masques Noirs (paraphrase du Masque rouge d’Edgar Poe) et les Jours de la vie (une vie de Bohême moderne style, appropriée au milieu d’étudiants pochards), sont des productions faibles et indignes de cet écrivain de talent. Aussi n’ont-elles obtenu qu’un succès d’estime. 1 M kmento. — Je dois signaler à tous ceux qui s’intéressent aux choses littéraires et artistiques de Russie le Recueil (Izvestia)d’inform a tion s lil- téraireSy scientifiques etbibliographiquesd.parlaMaisonM.-O.Wolff, de Saint-Pétersbourg, et qui contient les nouvelles littéraires, scientifiques et bibliographiques du monde entier. E . SÉMÉNOFF. LETTRES TCHÈQUES Lcandcr Cech : KnrolinaSvetla. — Prokop z Bohutina : Ve slepejich Kra- meriusovych, Emil Sole, Telc. — Moravsko-SletskaRevue, Drno et Maravska Ostrava. — Krasa Nasehodomova, Prague, Club du vieux Prague. — Dilot Prague, Société des bcaux-Arls. La biographie de Karolina Svetla (Svietla), une sorte de George Sand, par M. Leander Cech, est un bon livre, consciencieux, qui situe bien dans son milieu et apprécie avec justesse le rôle d’une femme de cœur, que l’on pourrait appeler la mère des féministes de Bohême. C ’est la grande difficulté de cette chronique tchèque que, à propos de tout, il faudrait expliquer les foncières différences entre ces pays slaves d’Autriche et la France. Rien ne doit s’y estimer au taux de Paris et même de la province. Johanna Rolt, née le M fé­