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de ceux de St. Bernard. On y trouve, il est vrai, de fréquentes sorties contre le luxe et la corruption du clergé ; mais ils ne sont que l’écho affaibli de cette éloquence soudaine, involontaire, impétueuse, familière et sublime, puissante, irrésistible, qui remuait toute la chrétienté et précipitait l’Europe sur l’Asie. Les sermons d’Absalon ont été imprimés deux fois, sous le nom de l’abbé de Springkirsbach : 1° à Cologne, par les soins de Daniel Schilling, in-fol, 1534 ; 2° a Milan, sous ce titre : Sermones in prœcipuas christiani cultus solemnitales, auctore D. Absalone, abbate Springkirsbacensi, canonico regulari, jam inde ab annis ferme quingentis editi. etc., 1605, in-8°. C. W-r.


ABSTEMIUS (Laurent), né à Macerata, s’appelait Bevilacqua, et, selon l’usage de ce temps, latinisa son nom. Ce savant critique, auteur d’un Recueil de fable latinisés, en prose, florissait au commencement du 16e siècle. Le duc d’Urbin, Guido Ubaldo, le fit son bibliothécaire et le nomma professeur public de belles lettres. Les deux ouvrages qui l’ont rendu célèbre sont : 1° Libri duo de quibusdam loci obscuris, Venise, sans date, in-4°. Le premier livre, qui est en dialogue, traite de plusieurs passages du poème d’Ovide in Ibin, qui avaient été mal expliqués, et d’une erreur commise par Valère-Maxime sur un point d’histoire ; le second roule presque uniquement sur l’orthographe et la manière dont on doit, malgré l’usage contraire, écrire certains mots latins. Ce sont quelques notes et observations tirées de cet ouvrage, que Gruter a insérées dans son Thesaurus criticus, t. 1er, p. 878 et suiv., publié à Francfort, en 1602, in-8°, avec ce titre fastueux : Lumpas, sive Faxartium liberalium. 2° Hecatomythium, sive centum fabulœ eax grœco in latinum versæ. Ces fables parurent, pour la première fois, avec trente fables d’Ésope, traduites en latin par Laurent Valla, Venise, 1495, in-4°, ainsi que dans le recueil intitulé : Mythologia œsopica, grec et latin, Francfort, 1610, in-8°. Celles d’Abstemius n’étaient pas toutes, à beaucoup près, traduites du grec ; la plupart même étaient de son invention, ou tirées d’auteurs inconnus. Il y en ajouta depuis cent autres, Hecatomythium secundum, imprimées d’abord à Venise, 1499, in-4°, réimprimées ensuite avec les cent premières, à Francfort, à la suite d’une traduction de toutes les fables d’Ésope, par divers auteurs, 1520, in-16, avec des gravures sur bois ; ibid. en 1580, et en 1610, in-8°, et plusieurs autres fois ; Lyon, 1544, in-8°. Il est à observer que dans la date de la première édition du second Hecathomythium, il y a une faute qu’on aperçoit facilement ; elle porte : Venitis, per Joannem de Cereto de Tridino, MCCCXCIX, au lieu de MCCCC, etc. Le jésuite Desbillons reproche à l’auteur de ces fables des plaisanteries et des indécences indignes d’un honnête homme, et les historiques répètent, les uns après les autres, qu’Abstemius n’y épargne pas le clergé. Il est cependant vrai que, sur deux cents fables, il n’y en a que trois ou quatre qui puissent mériter ces reproches, entre autres la quatrième du second livre, qui a pour titre : de Sacerdote qui quinque vestales prægnanies fecerat. Quoi qu’il en soit, ces fables sont inscrites à Rome sur l’index des livres défendus. On trouve une préface d’Abstemius en tête de d’édition d’Aurelius Victor, faite a Venise en 1505, et a Bâle en 1530, in-8°. On conserve à Rome, dans la bibliothèque Barberine, un manuscrit contenant un grand travail qu’il avait entrepris sur la géographie. G-é.


ABUCARA (Théodore), Évêque de Carie ou de Charan, disciple de St. Jean Damascène, profond théologien et philosophe, instruit dans la littérature arabe, s’est fait remarquer, vers l’an 770, par les écrits qu’il a publiés contre les juifs, les mahométans, les nestoriens, les jacobites et les origénistes. Ses Opuscules, au nombre de quarante-deux, ont été par le P. Gretser, gr. lat., Ingolstadt, 1606, in-4°, d’où ils ont été imprimés en latin dans la Bibl. Patr., Cologne, 1618, t. 9, et Lyon, 1677, t. 16 ; ensuite gr. lat. dans l’Auetarium Duc. fr., Paris, 1624, t. 1, et dans la Bibl Patr., Paris, 1644 et 1654. Gilbert Genebrard traduisit en latin quinze de ces Opuscules que l’on trouve dans la Bibl. Patr., Paris, 1575, t. 5, et 1579, t. 4. Canisius en a publié trois, gr. lat., dans le t. 4, Antiq. Lect., Ingolstadt, 1603, in-4", d’où ils ont passé dans la Bibl. Patr., Cologne. 1622, t. 15, et Paris, 1624, t. 4. Le Traité de Unione et Incarnatione a été publié, gr. lat., par Arnold, Paris, 1685, in-8°. Cotelier a insère dans le t. 1er de ses Patr. Apost., gr. lat., l’Opuscule 25e, sur la Consubstantialité du Verbe ; l’Opuscule 18e, qui a pour titre : ex Concertationibus cum Saracenis, ex ore Johannis Damasceni, a paru dans les Œuvres, de St. Jean Damascène. Ces Opuscules d’Abucara sont des dialogues dans lesquels le chrétien converse d’une manière très-simple avec les musulmans et avec les hérétiques qu’il veut ramener à la véritable religion. Dans le 15e, le chrétien expose à un musulman les principes de notre religion ; il résout les difficultés ; et, prenant la loi de Mahomet point par point, il montre combien elle est déraisonnable, contraire aux principes de l’honnêteté, et avec quelle lâcheté elle favorise les passions honteuses. Dans ses Opuscules, surtout dans le 18e, qui contient la Dispute contre les Sarrasins, notre auteur se dit souvent le disciple de St. Jean Damascène, qui est mort vers l’an 756. Cependant Gretser et Fleury lui-même le confondent avec un autre Abucara, qui, dans le 9e siècle, suivit le parti du célèbre Photius ; car, dans leur système, ce dernier Abucara aurait eu au moins cent quatorze ans, lorsqu’en 870 il assista au concile de Constantinople. Aussi Fleury remarque-t-il que si on n’admet qu’un Abucara, il doit avoir vécu très-longtemps ; car ce fut lui qui dicta en langue arabique la grande lettre dogmatique de Unions et Incarnatione, que Thomas, patriarche de Jérusalem, envoya aux hérétiques d’Arménie. Or ce prélat était mort, en 820, cinquante ans avant le concile de Constantinople, huitième œcuménique. Ces difficultés, devant lesquelles les biographies ont reculé jusqu’à présent, s’expliquent facilement, quand, avec le savant Fabricius et avec Cotelier, on admet deux Théodore Abucara, tous les deux évêques de Carie ou de Charan l’un, celui dont nous venons de parler, qui