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ALS

1746, dans Bruxelles, assiégée par les Français, le cardinal d’Alsace s’y montra, pendant tout le temps de la défense, sujet zélé, dans le juste mesure qui convenait à son caractère, et pasteur secourable, dans toute l’étendue que donnaient à ce mot ses vertus et son cœur. Le moment vint où Louis XV fit son entrée dans la ville en vainqueur ; alors le cardinal-archevêque reçut ce monarque à la porte de la cathédrale, et lui adressa ce discours laconique, souvent cité, mais qui ne peut trop l’être : « Sire, le Dieu des armées est aussi le père des miséricordes ; tandis que Votre Majesté lui rend des actions de grâces pour ses victoires, nous lui demandons de les faire heureusement cesser par une paix prompte et durable. Le sang de Jésus-Christ est le seul qui coule sur nos autels ; tout autre nous alarme : un prince de l’Église peut sans doute avouer cette crainte devant un roi très-chrétien. C’est dans ces sentiments que nous allons entonner le Te Deum que Votre Majesté nous ordonne de chanter. » Harangue vraiment admirable, qui réunissait en peu de mots tout ce qu’on peut exprimer de sentiments plus parfaits dans une telle occasion. Le cardinal d’Alsace, devenu doyen du sacré collège, porta partout avec lui l’édification de ses vertus et les trésors de sa charité. Il mourut, plein de jours et de bonnes œuvres, le 6 janvier 1759, laissant trois neveux : 1° Thomas-Alexandre-Marc d’Alsace, prince de Chimai, grand d’Espagne, colonel aux grenadiers de France, capitaine des gardes du roi de Pologne Stanislas, et tué à la bataille de Minden, en combattant à la tête de son régiment ; 2° Philippe-Gabriel-Maurice, héritier des domaines et dignités de Thomas-Alexandre, chevalier de la Toison d’or, mort à Paris en 1802 ; 3° Charles-Alexandre-Marc-Marcellin, prince d’Hénin, maréchal de camp au service de France, capitaine des gardes du prince second frère de Louis XVI, et victime à Paris de la hache révolutionnaire, en 1794. Aucun de ces trois frères n’ayant laisse d’enfants, la ligne des princes de Chimai d’Hénin est éteinte, et il ne reste de la maison d’Alsace que des branches collatérales. L-T-l.


ALSAHARAVIUS. Voyez Albucasis.


ALSOP (Antoine), écrivain anglais du 17e siècle. Élevé à l’école de Westminster, il passa au collège du Christ à Oxford, et ensuite à l’université de cette ville. En 1698, il y publia Fabularum Æsopicarum Delectus, in-8°, avec une dédicace poétique au lord vicomte Scudamore, et une préface où il prenait parti contre le docteur Bentley, dans sa dispute avec Boyle. Il fut chargé de l’éducation de plusieurs jeunes gens appartenant à des familles distinguées ; ensuite sir Jonathan Trelaunay, évêque de Winchester, le nomma son chapelain, et peu après lui donna la cure de Brightwell, dans le comté de Berks. L’aisance dont Alsop jouit alors lui permit de se livrer à l’étude, et il ne voulut point quitter sa retraite, malgré les sollicitations de Jeux qui le croyaient propre à briller dans un rang plus élevé. En 1717, mistress Élisabetb Astrey d’Oxford l’attaque en rupture du mariage contracté entre eux, et obtint contre lui 2,000 livres sterling de dédommagement. Ce fut sans doute ce qui le contraignit à quitter l’Angleterre. On ne sait combien de temps dura son exil. Il mourut le 10 juin 1726, d’une chute dans une fossé creusé près de la porte de son jardin. En 1752, on publia un volume in-4° de sa composition, sous ce titre : Antonii Alsopi, œdis Christi olim alumni, Odarum libri duo. La collection de Dodley renferme quatre poëmes anglais d’Alsop ; celle de Pearch, un : quelques autres ont paru dans des recueils. — Un autre Alsop (Vincent), théologien anglais, a publié, dans le même siècle, des sermons, un livre dirigé comme les opinions de Sherlock, intitulé Antirozzo, et quelques autres écrits de circonstance, qui ont eu du succès. D-t.


ALSOUFY, astronome arabe, né à Rey, le 14 de moharrem, l’an 291 de l’hégire (7 décembre 903 de J.-C.). Il s’adonna de bonne heure à l’étude des sciences, et mérita par ses progrès la faveur d’Adhad-Eddaulah, prince bouïde, qui l’admit dans son intimité. Il a composé une Table astronomique, un Catalogue des étoiles fixes, et un Traité sur la projection des rayons, très-célèbre en Orient. De ces trois ouvrages, nous ne connaissons que son Catalogue, dont la bibliothèque royale possède plusieurs exemplaires. Hyde en a publié de longs fragments, dans son Commentaire Oulough-Bey ; mais l’ouvrage est si peu connu, qu’on croit devoir en donner une courte notice. Alsoufy dit, dans sa préface, qu’il y a deux manières de connaître le ciel étoilé, celle des Arabes, et celle des astronomes. Il donne l’exposition des deux méthodes, décrit suite les constellations en usage parmi les astronomes arabes, et en donne deux figures, l’une sur la sphère, l’autre dans le ciel. Ces constellations sont celles de Ptolémée, sans aucune différence. L’auteur décrit ensuite les constellations connues anciennement des Arabes, et dont le souvenir se conserve chez eux dans un grand nombre de vers. Alsoufy mourut le 15 de moharrem 376 de l’hégire (25 mai 986 de J.-C.). J-n.


ALSTEDIUS (Jean-Henri), né à Herborn, dans le comté de Nassau, en Allemagne, en 1588, professa d’abord la philosophie et la théologie dans sa patrie, qu’il quitta ensuite pour aller enseigner à Weissembourg, en Transylvanie, où il mourut, en 1638, laissant un grand nombre d’ouvrages dont voici les principaux : 1° Systema menmonicum duplex, Francfort, 1610, in-8°. 2° Encyclopædia, Herborn, 1610, in-4°, réimprimée en 2 volumes in-fol., Herborn, 1630, et Lyon, 1649. « L’auteur s’y est proposé de donner un abrégé méthodique de toutes les sciences ; quoiqu’il soit peu exact en beaucoup d’endroits, dit Nicéron, ce livre n’a pas laissé d’être reçu du public avec de grands applaudissements. » Les Encyclopédies modernes l’ont entièrement fait oublier. 3° Triumphus Bibliorum sacrorum, seu Encyclopedia biblica, Francfort, 1620, 1625, 1642, in-12. Alstedius prétend prouver qu’il faut chercher dans l’Écriture sainte les principes et les matériaux de