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Steigentesch, assesseur de la cour de justice à Wetzlar. En 1793, il fut appelé à Munich avec le titre de conseiller de cour de l’électeur. Deux ans après on l’envoya à Wetzlar, comme commissaire à l’enquête dans les débats qui étaient survenus avec la ville impériale de Nuremberg. En 1799 il fut nommé membre des états de Bavière, et se montra l’un des plus zélés partisans de l’abolition des privilèges féodaux. Il fit en 1801 un voyage à Paris, sans autre but que celui d’y nouer des relations littéraires, et d’y visiter les établissements scientifiques. À son retour en Bavière, il devint membre de la commission chargé du classement et de la translation des bibliothèques des monastères récemment supprimés. Nommé peu après conservateur en chef de la bibliothèque centrale de Munich, il obtint, en 1804, le titre de vice-président de l’académie des sciences et belles-lettres de cette ville ; en 1807 il y joignit celui de secrétaire de la première classe de la même académie. Le baron d’Arétin fit paraître, vers la fin de 1809, une brochure intitulée : les Plans de Napoléon et de ses adversaires en Allemagne, dans laquelle il se prononçait contre l’influence de la France sur les affaires intérieures de l’Allemagne, et la regardait comme nuisible aux intérêts de ce pays. Cette hardiesse produisit une grande rumeur ; on attaqua violemment l’opinion du baron d’Arétin : il la soutint avec un emportement égal ; et le roi de Bavière, cédant a la tyrannie qui pesait sur la moitié de l’Europe, fut contraint de punir l’auteur d’un écrit qu’il approuvait sans doute, si même il ne l’avait suggéré. Le baron d’Aretin fut privé de plusieurs de ses emplois, et relégué (1811) à Neubourg sur le Danube, comme premier directeur du tribunal d’appel de cette ville. En 1815 il en était vice-président ; mais les événements qui survinrent le rappelèrent l’année suivante à Munich. Nommé en 1819 à la chambre des députés de Bavière, il fut l’on des membres les plus actifs et les plus influents de cette assemblée ; et par une modération qu’on n’eût pas attendue de la fougue de son caractère, il y tint le milieu entre les partisans du gouvernement absolu et d’opposition radicale, qui reconnaissait pour chef M. de Hornthal. Il fit partie de la commission scientifique instituée dans le même temps pour la publication des monuments de l’histoire d’Allemagne, à laquelle on est redevable de quelques utiles travaux. Le baron d’Arétin mourut le 21 décembre 1824. Il n’a laissé, comme savant, qu’une réputation équivoque : c’était un homme d’une activité peu commune, d’un caractère ardent, qui défendait avec emportement des opinions souvent fort contestables et presque toujours exagérées ; il a consumé sa vie dans des travaux considérables, mais disparates ; il a voulu joindre les bruyantes agitations de la vie d’un homme public et d’un écrivain politique, en un temps de révolution, aux occupations sédentaires et calmes de l’érudition. Une telle alliance excédait ses forces : ses livres de polémique, que n’animait pas un talent d’écrire suffisant pour les faire vivre, sont morts avant lui ; quant aux livres d’érudition qui ont paru sous son nom, la plupart sont d’une utilité médiocre, diffus, mal digérés, d’une instruction peu approfondie ; il est d’ailleurs reconnu que ce qu’ils renferment de bon et d’utile ne lui appartient guère qu’autant qu’il l’a fait faire et payé. On doit lui reprocher de s’être servi de son importance politique pour se faire accorder des emplois et des titres réservés aux seuls savants, et que certainement il n’aurait jamais obtenus si son mérite eût été son seul moyen d’avancement. Enfin aucune grande pensée n’ayant dirigé, et, si l’on peut le dire, féconde cette infatigable activité dont il a donné tant de preuves, elle se réduit à n’avoir guère été qu’une pétulance mal réglée, qui a passé sans laisser de traces de sa durée ; et le bruit même qu’elle a pu faire s’est assoupi pour jamais avec elle. — Le baron Christophe d’Arétin a publié beaucoup de livres dont l’Allemagne savante de Meusel, et, plus spécialement encore, la Bavière savante de Baader, pourront fournir la liste aux curieux ; voici les titres de quelques-uns, qui tous sont écrits en allemand : 1° Des plus anciens monuments de l’imprimerie en Bavière, etc. ; mémoire lu dans une séance de l’académie de Munich, et imprimé dans cette ville, 1801, in-4°. 2° Dissertation historique et littéraire sur la première collection imprimée des actes de la paix de Westphalie, ibid., 1802, in-8°. 3° Arrêts des cours d’amour tirés des anciens manuscrits, et accompagnés d’un traité historique sur les cours d’amour du moyen âge, ibid., 1803, in-8°. 4° Histoire des Juifs en Bavière, Landshut, 1803 in-8°. 5° Anciens contes sur la naissance et la jeunesse de Charlemagne, publiés et mis au jour pour la première fois, Munich, 1803, in-8°. 6° Essai sur l’histoire de la baguette divinatoire, ibid., 1807 in-8° ; réunion d’articles imprimés déjà dans un journal. 7° Théorie abrégée de mnémonique, Nuremberg, 1807, in-8° ; le baron d’Arétin avait déjà donné des Réflexions sur la véritable portée et sur l’utilité de la mnémonique on science de la mémoire artificielle, Munich, 1804, in-8° ; et il a fait paraître encore une Instruction systématique pour la théorie et la pratique de la mnémonique, suivi d’un Essai sur l’Histoire et la critique de cette science, Sultzbach, 1810, in-8°. Ce dernier ouvrage est fort curieux ; sur les 634 pages qui le composent, l’histoire de la mnémonique dans les temps anciens et modernes en remplit 434 ; elle donne le précis des diverses méthodes qui ont été proposées et suivies, le catalogue et l’analyse des écrits qui existent sur cette matière, et contient des recherches intéressantes. Quant à la nouvelle méthode de mnémonique dont le baron d’Arétin se donnait comme l’inventeur, son sort a été celui de tant d’autres découvertes pompeusement annoncées : elle a duré ce que dure une mode, et les merveilleux effets qu’on lui attribuait ne l’ont point garantie de l’abandon et de l’oubli. 8° Discours académiques sur les résultats immédiats les plus généraux de la découverte de l’imprimerie, Munich, 1808, in-4°. 9° Prodrome d’un manuel littéraire sur l’histoire et la statistique de Bavière, ibid., 1808, in-4°. 10° Littérature de l’Histoire de la Bavière et de toutes ses dépendances, ibid., 1810, in-8° ; ouvrage