Page:Michel Corday - Les Hauts Fourneaux, 1922.djvu/119

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Ganville, 20 août 1915.

Reçu un mot de Paron. Il s’excuse, sous de vains prétextes, de ne pas pouvoir venir. Je sens dans sa lettre la même gêne, le même malaise que dans ses dernières visites. Quelle arrière-pensée peut-il bien nourrir ? Peu avant mon départ, je lui ai demandé s’il s’était fait une opinion sur les origines de la guerre. Lui en coûterait-il d’avouer qu’il n’y est pas encore parvenu ? Non, non : il n’est tout de même pas susceptible à ce point. Il sait bien que je me rends compte des extrêmes difficultés de cette tâche, dans un temps où l’information est unilatérale, où tant de pièces manquent au formidable dossier, où tant de voix sont étouffées, où l’impartialité même est un crime !

En tout cas, un malentendu s’établit entre nous, que nous nous devons l’un à l’autre de dissiper.