Page:Michelet - OC, Histoire de France, t. 2.djvu/392

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magne, et qui, entre autres grands seigneurs, comptait le duc d’Autriche. Les prêtres sortirent de Toulouse, en procession, chantant des litanies et dévouant à la mort le peuple qu’ils abandonnaient. L’évêque demandait expressément que son troupeau fût traité comme Béziers et Carcassonne.

Il était désormais visible que la religion était moins intéressée en tout ceci que l’ambition et la vengeance. Les moines de Cîteaux, cette année même, prirent pour eux les évêchés du Languedoc ; l’abbé eut l’archevêché de Narbonne, et prit par-dessus le titre de duc, du vivant de Raymond, sans honte et sans pudeur. Peu après, Montfort ne sachant plus où trouver des hérétiques à tuer pour une nouvelle armée qui lui venait, conduisit celle-ci dans l’Agénois, et continua la croisade en pays orthodoxe[1].

Alors tous les seigneurs des Pyrénées se déclarèrent ouvertement pour Raymond. Les comtes de Foix, de Béarn, de Comminges, l’aidèrent à forcer Simon de lever le siège de Toulouse. Le comte de Foix faillit l’accabler à Castelnaudary, mais les troupes plus exercées de Montfort ressaisirent la victoire. Ces petits princes étaient encouragés en voyant les grands souverains avouer plus ou moins ouvertement l’intérêt qu’ils portaient à Raymond. Le sénéchal du roi d’Angleterre, Savary de Mauléon, était avec les troupes

  1. « Cependant ils trouvèrent au château de Maurillac sept Vaudois, et les brûlèrent, dit Pierre de Vaux-Cernay, avec une joie indicible. » — À Lavaur, ils avaient brûlé « d’innombrables hérétiques avec une joie extrême ».