Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/210

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parfaitement opposés : faire un roi et refaire un roi, rétablir Louis XVI et faire roi Brunswick. Un mot simple eût répondu, et personne n’osait le dire : cette Assemblée, accusée de trahir, venait de s’en ôter les moyens ; elle se brisait elle-même, convoquant sous quelques jours la Convention qui la remplaçait. Représentants et ministres, tous allaient être annulés tout à l’heure devant cette Assemblée souveraine.

Le matin du 4 septembre, Guadet apportait, au nom de la commission extraordinaire (créée dans l’Assemblée depuis le 10 août), une adresse où les représentants, repoussant les bruits injurieux qu’on faisait courir, juraient de combattre de toutes leurs forces les rois et la royauté.

Chabot eut vent de la chose, et il enleva à la Gironde cette initiative. Dès l’ouverture de la séance, il proposa de faire un serment de haine à la royauté.

« Plus de roi ! » ce fut le cri, le serment de l’Assemblée tout entière, soulevée à sa parole.

Alors un militaire se lève, Aubert-Dubayet, et d’une voix forte et guerrière : « Jamais de capitulation !… jamais de roi étranger ! »

Et le jeune Girondin Henri Larivière : « Non, ni étranger ni français !… Aucun roi ne souillera plus le sol de la liberté ! »

On fut surpris d’entendre Thuriot arrêter ce mouvement : « Messieurs, dit-il, soyons prudents, n’anticipons pas sur ce que pourra prononcer la Convention… »

À quoi Fauchet, usant du droit que semblait lui