Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/484

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


que nous n’en trouvons aujourd’hui. À en juger par tout ce que nous savons de Robespierre et de ses habitudes de calomnies vagues, il est infiniment probable qu’il ne nomma pas, et dès lors son discours ne fut autre peut-être que celui qu’on avait entendu cent fois : « Il y a un grand complot, on voudrait livrer la France », etc. Seulement ce bavardage, qui, dans les jours ordinaires, n’avait pas grande portée, pouvait, dans un pareil jour, en avoir une, et terrible.

Louvet n’avait rien appris à la Convention, rien donné que des allégations. Il ne recueillit rien que des applaudissements. Pas un homme important de la Gironde ne se leva pour l’appuyer. Si Brissot, Rabaut-Saint-Étienne, furent à la séance tels que je les vois le lendemain dans leurs journaux, leur froideur fut extrême, et la Convention put lire sur leur mine glacée la discorde intérieure du parti, le désaveu muet dont ils frappaient, dans cet enfant perdu, l’imprudence de ses graves conseillers, l’étourderie des sages.

La Commune, décidément rassurée, voyant que la Gironde, le côté droit, ne faisaient rien, la Convention rien, ne se contint plus. Ses meneurs insolents, les Hébert, les Chaumette, crurent pouvoir traiter la Convention comme des enfants traitent un vieillard radoteur, un Cassandre imbécile, le tirant, l’excédant, jusqu’à ce que le bonhomme leur allonge un coup de bâton. Leur adresse outrageuse du 19, ils n’hésitent plus à la lancer ; ils la jettent à la poste,