Page:Michelet - OC, La Montagne, L’Insecte.djvu/402

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la beauté. Les vitraux du treizième siècle (voyez à Bourges, et spécialement au musée de cette ville) étaient doubles. La lumière y restait, ne les traversait pas, leur donnait des effets magiques de pierreries. Telles sont ces ailes d’insectes composées de plusieurs feuillets, entre lesquels, au microscope, vous voyez courir un réseau de caractères mystérieux.

Le gothique, si peu en rapport avec nos besoins, nos idées, est sorti de l’ameublement. Mais il est resté dans le châle. Riche et coûteuse industrie qui, entrée une fois en cette voie bizarre d’imiter en laines opaques les vitraux dont la transparence est tout le mérite, a grand’peine à en sortir.

On n’a pas consulté les femmes. Les hommes, pour faire de l’art et des dessins compliqués, entassant arceaux et vitraux, condamnant nos dames à porter des églises sur le dos, ont, à ces pesants dessins, donné la base pesante des plus fortes laines. Le tout expédié de Londres, de Paris, pour être tissu servilement par les Indiens, qui ont désappris leurs arts. Nos intelligents marchands de Paris, qui ont suivi à regret la voie qu’imposaient les grands producteurs, pourront fort bien un matin échapper aux genres lourds et riches. Quelqu’un perdra patience, et, tournant le dos aux copistes de vieilleries, ira demander conseil à la Nature elle-même, aux grandes collections d’insectes, aux serres du Jardin des Plantes.

La Nature, qui est une femme, lui dira que pour parer ses sœurs, au tissu doux, léger, de l’ancien cachemire, il faut inscrire, non pas les tours de Notre-Dame, mais cent créatures charmantes, si vous voulez, ce petit prodige, si commun, de la cicindèle,