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XXXI

LA RÉACTION PAR LES FEMMES
DANS LE DEMI-SIÈCLE QUI SUIT LA RÉVOLUTION


Plusieurs choses précipitèrent la réaction, après le 9 thermidor :

La tension excessive du gouvernement révolutionnaire, la lassitude d’un ordre de choses qui imposait les plus durs sacrifices et aux sens et au cœur. Immense fut l’élan de la pitié, aveugle, irrésistible.

Il ne faut pas s’étonner si les femmes furent les principaux agents de la réaction.

La négligence voulue du costume, l’adoption du langage et des habitudes populaires, le débraillé de l’époque, ont été flétris du nom du cynisme. En réalité, l’autorité républicaine, dans sa sévérité croissante, fut unanime pour imposer, comme garantie de civisme, l’austérité des mœurs.

La censure morale était exercée, non seulement par les magistrats, mais par les sociétés populaires. Plus d’une fois des procès d’adultère furent portés à la Commune et aux Jacobins. Les uns et les autres