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CONCLUSION

éminemment douce et patiente qui sait et peut initier.

Elle est elle-même l’objet de l’initiation. Elle initie à la beauté qui est elle-même, à la beauté en ses divers degrés, au degré sublime surtout. Et quel ? Le sacrifice.

Le sacrifice pénible et dramatique, souvent choquant par le combat, l’effort, — dans la mère, il est harmonique, il entre dans son harmonie même, c’est sa souveraine beauté.

Le sacrifice ailleurs se tord, s’arrache et se déchire. En elle, il sourit, remercie. Donnant sa vie pour ce qu’elle aime, pour son amour réalisée vivant (c’est pour l’enfant que je veux dire), elle se plaint de donner peu encore.

Elle implore toute chose à suppléer à son impuissance, invite tout à douer ce berceau… Ah ! que n’a-t-elle un diamant de là-haut, une étoile de Dieu ! Le rameau d’or de la Sibylle, cet infaillible guide, la rassurerait peu sur ses premiers pas chancelants. Le rayon de lumière sur lequel Béatrix fit monter l’âme aimée de monde en monde était brillant sans doute, mais eut-il la chaleur de l’humide rayon qui tremble dans un œil de mère ?

Celle-ci, qui appelle toute chose à son secours, a bien plus en elle pour douer son fils.

Elle a ce qui est elle-même, sa profonde nature de mère, le sacrifice illimité.

Merci, nous n’en voulons pas plus. Dieu, la Patrie n’en veulent davantage.

Cette unique puissance, si elle est uniment acquise par l’enfant, elle embrassera tout.

Que te demandons-nous, ô femme ? Rien que de