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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION


II


Rien n’est plus beau à contempler que les primitives origines de ces armées républicaines, les belles fédérations civiques qui commencèrent chaque corps et devinrent des légions. Le premier signal partit du canon de la Bastille, de la grande émotion de 89, quand la Révolution naissante entourée de tant d’ennemis, se hâta d’armer ses enfants. Tous jurèrent de défendre tous. Une immense croisade de fraternité s’organisa dans toute la France. Partout l’on craignait deux choses l’ennemi et la famine. Se défendre les uns les autres, se nourrir les uns les autres, tel fut le premier serment. Rassurés, en 90, ils renouvelèrent l’union. Pourquoi ? Ils le disent eux-mêmes : pour s’unir et s’aimer dans la commune patrie.

Les fédérations de 90 furent les bataillons de 92. Amis et amis, voisins et voisins, ils partirent, la main dans la main, acquittant la parole donnée deux ans auparavant sur l’autel de la Patrie. Ainsi commen-