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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

çaises, il entre (août 89) dans la garde parisienne, instituée par La Fayette, et il y est nommé adjudant sous-officier. Un jour de manœuvres aux Champs-Élysées, le ministre de la guerre Servan remarque la tenue et la précision du peloton commandé par Hoche, et demande le nom de « ce jeune homme alerte qui conduit si bien sa compagnie ». Quatre jours après, Hoche reçoit le brevet de lieutenant dans le 58e régiment (Rouergue). En juin 92, il rejoint son corps en garnison à Thionville, et contribue à la brillante défense de cette place assiégée par les Autrichiens. De là, il passe à l’armée des Ardennes, dans la division du général Leveneur.

Le général Leveneur était ce brave entre les braves dont nous avons déjà parlé, qui avait eu ce hasard singulier de prendre un fort à lui seul (la forteresse de Namur). C’était du reste un soldat très simple, très dévoué. Nous avons dit qu’il l’était à La Fayette au point que, La Fayette partant, Leveneur, machinalement et d’instinct, était parti aussi. Mais nous avons vu comment il se repentit heureusement, revint, et, reçu comme simple soldat, déposa sans murmure l’épée, l’épaulette, prit le sabre de hussard, jusqu’à ce que de nouveaux services lui eussent fait restituer son grade de général. Noble simplicité de ces temps si loin de nous

Le jeune instructeur des volontaires de 92 apparaît dans l’histoire en mars 93, le jour même où toutes les puissances de l’Europe coalisées firent subir au général Leveneur son premier échec sous Maëstricht. Hoche, alors capitaine, fut chargé, dans cette malheureuse journée, de sauver le matériel de