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HOCHE

II


La côte semblait fort bien gardée au Morbihan par notre flotte, très forte ; mais l’indiscipline de nos marins novices la fit battre (23 juin). Elle fut bloquée à Lorient. Et l’énorme convoi que protégeait la flotte anglaise put mouiller à Carnac, à la large presqu’île de Quiberon, qui ne tient à la terre que par une langue étroite.

Elle était très mal défendue par de petits forts presque vides, sans vivres, qui se rendirent bientôt. Derrière, jusqu’à Auray et Vannes, la sombre contrée, fort boisée de petits chênes, bouillonnait de chouannerie (26 juin 95).

Nul obstacle. Quand Hoche arriva, il trouva que son ordre pour réunir les troupes n’avait pas été obéi. Il n’y avait que quatre cents hommes. Il était réellement assis sur un volcan. Et le pis, un volcan obscur qu’on ne pouvait pas calculer ! Même les villes ne tenaient à rien. D’Auray tout s’enfuit vers Lorient. D’autres vers Rennes. Vannes est tout royaliste. Ce fut comme une traînée de poudre. À Caen, à Rouen, on crie : « Vive le roi » La Loire éclate. La grande Nantes est bloquée ! Saint-Malo, miné en dessous, attend une flotte anglaise déjà près de Cherbourg.

Un temps chaud et superbe illuminait Carnac. Ce lieu austère, avec ses vieilles pierres druidiques, sa grève presque toujours déserte, offre tout à coup un