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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

qui se levait vers l’Italie. « S’il veut se faire despote, disait-il à M. O’Connor, de qui je le tiens, il faudra qu’il me passe sur le corps »

Hoche, lui, avait dit ce mot : « Je vaincrai la contre-révolution, et alors je briserai mon épée. »

Nous avons montré comment nul homme plus que lui n’eût réussi à combattre Bonaparte, parce que nul ne fut plus aimé. Nul aussi n’eut plus d’ennemis. Les royalistes d’abord, qui voyaient en lui l’épée de la République. Les fournisseurs ensuite, agioteurs, voleurs, corbeaux suivant l’armée. Faut-il le dire enfin ? les « militaires », une classe nouvelle, avide, à laquelle il fallait un autre homme, un bon maître qui laissât piller. Les bureaux de la guerre, on l’a vu, furent toujours contre Hoche.

Il eut, lui aussi, des projets immenses, mais non pas de guerre, de paix. Il rêva la résurrection de deux, peuples, les Irlandais et les Wallons.

« …Si Hoche eût débarqué en Irlande (c’est Napoléon qui parle), il aurait sans doute réussi dans ses projets ; il possédait toutes les qualités nécessaires pour en assurer le succès. » Aujourd’hui, hélas ! l’Irlande est perdue, comme la, Pologne. Corrompue, elle se vend pour aller combattre et jouir dans l’Inde, ou elle émigre en Amérique sans devenir Yankee. Elle revient, comme un mort non vengé !…

Pour les, Wallons, ces demi-Français si sympathiques et si vaillants, Hoche eût fondé la République de la Meuse, eût réveillé ce génie méconnu, le génie de la Meuse, de la Moselle et du Rhin vinicole, si, différent de l’Allemagne.